La tour de Notre-Dame

Je ne parlerai pas ici de l’histoire de l’église Notre-Dame de Tonnerre que nous allons intercepter à la Renaissance[1]. Elle fut commencée par le choeur et le sanctuaire au XIIIe siècle tandis que la dernière travée, dans toute la largeur de l’église est du XVIe siècle. Cette travée forme un tout avec la tour et le grand portail qui ouvre sur la nef. Ce dernier date de 1536. On lit partout, jusque dans la documentation pour les touristes ou le panonceau à l’entrée de l’église, que ce grand portail fut « ordonné » par Louise de Clermont, que le petit portail date de 1545 et que la tour fut construite entre 1620 et 1628, ou encore comme l’écrit J. Fromageot que la tour, du XVIIe siècle, est due à Charles-Henri de Clermont[2]. Essayons de revisiter tout cela.

Rez-de-chaussée de la tour et petit portail : 1541-1545

D’abord, pourquoi vouloir à tout prix attribuer une construction, réparation, augmentation ou embellissement d’église à un seigneur ? Depuis le Moyen Age, la charge des églises est passée en partie aux paroisses et la communauté des habitants y veille très sérieusement. Il n’est pas nécessaire qu’un seigneur ni qu’une autorité ecclésiastique intervienne. D’autre part en 1536, Louise de Clermont n’est pas encore comtesse de Tonnerre, et sa mère Anne de Husson le devient seulement à la fin de l’année suivante, après partage de l’héritage de son neveu Claude de Husson. Je ne vois pas comment Louise de Clermont aurait pu commander le grand portail. En 1545, c’eut été possible, puisqu’elle est devenue comtesse au décès de sa mère en septembre 1539 et son mari, François du Bellay, a pris le titre de comte de Tonnerre par son mariage. Admettons que ce comte, par l’intermédiaire ou non de ses officiers, ait été commanditaire de la tour qui abrite le petit portail. Sans document (j’avoue ne pas les connaître), comment l’affirmer ?

Les paroissiens et la fabrique sont peut-être seuls à l’origine de ces constructions (fabrique désigne à la fois les propriétés d’une paroisse et les marguilliers qui administrent ces biens). Rappelons que l’église paroissiale est non seulement un lieu de culte mais aussi une maison commune pour tous les habitants. C’est le cas de Notre-Dame à Tonnerre. C’est là que se réunissaient les assemblées pour délibérer sur les intérêts communs, civils ou paroissiaux, réunies après l’office, presque toujours le dimanche à midi, au son de la cloche.  Quand on veut construire, réparer ou embellir une église, la fabrique prend les choses en main et doit obtenir l’aval des officiers royaux et seigneuriaux, et demander l’autorisation à l’évêché. La communauté reste ensuite le maître d’œuvre des travaux. Le problème majeur était le financement. Le chœur était à la charge des décimateurs[3] et la nef à celle des paroissiens. Pour le clocher, tout dépendait où il était implanté. Ici, il est à la charge de la communauté. Quand la fabrique n’avait pas de revenus suffisants, il fallait obtenir le droit de s’auto-imposer, comme la ville lorsqu’elle était en manque d’argent. Il est possible aussi que sans être commanditaires, le comte et la comtesse aient donné des fonds et posé la première pierre. Avouons donc notre ignorance sur le commanditaire de la tour et du petit portail : je pencherais pour les paroissiens. Toujours est-il que le rez-de-chaussée de la tour est déjà construit en avril 1542 lorsque François 1er fait une escale de sept à huit jours à Tonnerre. Pierre Petitjehan raconte que le recteur des écoles « esperant que le roy prendroit son entree par la porte St Jacques avait preparé un theatre devant le grand portail de l’eglise Notre Dame lequel avec la grosse tour estoit nouvellement construit en la beauté et somptuosité d’ouvrages qui y apparaissent »[4]. Ce premier niveau devait atteindre le premier bandeau, à la hauteur du grand porche. Le petit portail qui devait être au moins ébauché fut achevé en 1545. Il permet d’entrer dans l’église par le rez-de-chaussée de la tour.

Façade de Notre-DameFaçade de Notre-Dame de Tonnerre

Les paroissiens, après avoir agrandi l’église, entre autres par le rez-de-chaussée de la tour, décident donc de poursuivre le travail. Ce genre de décision est toujours pris en assemblée générale de la communauté paroissiale. Si une majorité se prononce pour l’établissement d’un devis et l’exécution des travaux, il faudra payer et souvent avoir recours à une taille sur la communauté, c’est pourquoi l’assemblée est essentiellement composée de propriétaires. Les paroissiens élisent alors des procureurs qui épauleront les marguilliers pour ces travaux.

Construction du deuxième niveau de la tour : 1550

Maximilien Quantin évoque ce contrat de 1550 mais ajoute aussitôt que l’incendie de 1556 a détruit cette partie de l’édifice et que « ce ne fut qu’en 1620 qu’on reprit l’achèvement de la tour »[5]. Voici l’intégralité de ce contrat.

[f° 177] « Comparant en leurs personnes honnorables hommes Me Pierre Catin, Guillaume Gaulchot, Germain Luyson, procureurs et maregliers de l’eglise Nre Dame de Tonnerre et avec eulx plusieurs paroissiens d’icelle eglise jusques au nombre de cens ou six vingtz [100 à 120] pour ce faire assemblez à son de cloche en ladicte eglise d’une part/ et Nicolas Monnard masson demeurant aud Tonnerre pour luy d’autre part /

Lesquelles partyes ont volontairement recongnu et confessé avoir fait et par ces presentes font entre eux le marché qui s’ensuit /

C’est ascavoir que ledict Monnart sera tenu et a promis de bien et deument faire monter et continuer ung estage en la tour de lad. eglise Nre Dame qui est le second estage qui se commencera audessus où le commencement de ladicte tour a cessé par le hault, les pilliers et ouvrage duquel second estage se continueront selon qu’ilz sont commencez et desduitz jusques à la haulteur [f° 172 v°] que de present a ladicte tour / faire les retraictz et moulures le tout selon le pourtraict que lesd. procureurs ont monstré aud. Monnart / faire une voulte de mesme pendant au dessus ung hostiau [?], continuer et monter la vis par dehors lad. tour / Et lequel second estage jusques au tiers jusques au lieu marqué audict pourtraict contient en haulteur cinq toyses deux piedz et demy / Et se poursuivra en deux saisons de printemps et esté prochains venans jusques au dedans la saint Remy que l’on dira mil cinq cens cinquante et ung / A la charge que led. Monnart residera au lieu de Tonnerre avec deux ou trois serviteurs au plus pour ce que ladicte eglise n’en pourroit bonnement contenir davantage / Baillera icelluy Monart bon et suffisant peige [garant] / rendra faicte et parfaicte led. Monart ladicte besongne bien et deument au dict de gens de cognoissance dedans le temps dessusdict / Laquelle lesd. procureurs feront visiter touttefoys et quantes foys qu’il leur plaira et qu’ilz verront estre necessaire / fourniront iceulx procureurs aud. Monnart les matieres en place avec cordes et angins / Pour laquelle besongne payront aud. Monart la somme de 540 livres tz en besongnant / A laquelle somme lad. besongne a esté ce jourd’huy enscherie de delivrer aud. Monart comme plus descroissant en plaine assemblée faicte en lad. eglise Notre Dame à chandelle ardant/ Et ledict Monart a esté pleigé et cautionné par Aignan Leclerc et Jehan Lesestre vignerons lesquelz en sont obligez l’ung pour l’autre [etc.] / Ont lesd. procureurs delaissé et mis es mains dudict Monnart ledict pourtraict pour en faire ung semblable et tout pareil et rendre l’original ausd. procureurs affin de le mestre au coffre de lad. eglise pour eulx garder / Lequel pourtraict a esté signé dudict juré en presence de tesmoings cyaprès [le portrait et ce contrat sont attachés et scellés l’un à l’autre, etc…] / Passé aud. Tonnerre en presence de Jehan Levuyt notaire et praticien, Pierre Cerveau, Nicolas Cabasson, Me Philippe Bolloy, Edme Monard massons et aultres dud. Tonnerre, le 9e de mars 1549 [av. Pâques, soit 1550 n.s.].

Suit l’engagement solidaire des cautions de Nicolas Monart maçon demeurant à Tonnerre[6].

Pour résumer : la tour qui a déjà une bonne dizaine de mètres de haut grandit de 10,60 mètres en 1550, ce qui la met à peu près à la hauteur du toit de la nef. Le travail doit être rendu avant le 1er octobre. Les procureurs de Notre-Dame procureront les matériaux sur place, avec cordes et grue. Le maçon qui a emporté le marché est Nicolas Monnart (Monart ou Monnard). Il habite rue de la Varence et sera souvent sollicité pour des travaux à l’hôpital ou pour la ville. Il est prié de ne travailler qu’avec deux ou trois apprentis et sera payé 540 livres tournois en besognant, c’est-à-dire à la semaine. Il doit copier le plan et poursuivre la tour telle que commencée et dessinée, en particulier l’étroite tourelle avec sa remarquable vis. Il terminera par une voûte et un toit provisoire. Il semble bien que la tour arrive alors jusqu’au troisième bandeau et comporte trois niveaux.

Le grand incendie de 1556

On lit donc partout dans la littérature sur Tonnerre que le grand incendie de juillet 1556 a détruit l’église en partie et bien évidemment sa tour à peine commencée. Nous venons de voir que cette tour fait déjà bien 20 m de haut, possède deux, voire trois niveaux et qu’elle est solidement bâtie avec ses larges contreforts. Le quartier autour de Notre-Dame a en effet été très touché par le feu : une partie des rues Vaucorbe, Saint-Michel et des Prêtres (rue Pasteur) ont subi un intense foyer. La rue des Prêtres d’alors est très étroite des maisons y furent détruites. L’Hôtel-Dieu qui collait à l’église dans la rue actuelle du Doyenné a été réduit en cendres. L’église a donc été touchée elle aussi et Petitjehan raconte que le clocher implanté à la croisée du transept, « couvert tout de plomb », environné de flammes, « ploroit et degouttoyt tout à l’entour de soy grosses larmes et ruisseaux de plomb » emportant avec lui les matières des cloches, ce qui obligea à rejoincter les voûtes[7]. Cerveau, au XVIIIe siècle, est le seul à affirmer que la tour fut commencée avant 1556 et que les traces du feu peuvent se lire « jusqu’au 3e ou 4e cordon de la tour »[8]. On peut encore le constater en partie de nos jours. Néanmoins, elle est restée debout, comme l’église. Les assemblées ont très vite repris. En 1563, un serrurier fabrique une « serrure à bosse mise en la tour de l’eglise Nostre Dame pour y retirer les bastons suyvant l’edict »[9]. Les armes n’ont pu être rangées dans l’église, mais bien au premier étage de la tour.

3e ou 4e niveau terminé : 1579 ?

J’avoue ici que j’avance une hypothèse car je n’ai pas de documents à propos d’un contrat de construction. Peut-être existe-t-il aux archives départementales, chez les notaires, mais il m’a échappé. Si quelqu’un trouvait une trace, cela permettrait d’en savoir plus. Pourtant, en mars 1579, en même temps que l’on refait à neuf l’horloge de l’église Saint-Pierre, on installe un cadran d’horloge « au dessus de la tour de l’eglise Nostre Dame dudict Tonnerre, du costé regardant la place du Pillory »[10]. Un cadran, même sans sonnerie, a un mécanisme et il faut en prévoir l’emplacement. Or l’horloge est installée au quatrième niveau, juste sous le clocher. A moins que l’on n’ait d’abord installé un cadran à l’étage en-dessous, ce qui me paraît fort improbable. Je ne suis ni architecte, ni historienne de l’art et si je fais des erreurs, je veux volontiers être corrigée par des personnes plus compétentes (faites un commentaire par exemple). Pour l’instant, je soutiens qu’il ne manque à la tour que le beffroi.

Révision du 4e niveau et construction du 5e, le beffroi : 1619-1623

Les dernières années du XVIe siècle sont assombries par les guerres de la Ligue ou Sainte Union catholique. De 1585 à 1598, les combats, passages de troupes, pillages, impôts sont le lot d’une population exangue. Il faut un peu de temps pour se relever. A Tonnerre, on s’attaque pourtant aux chapelles et à la façade sud de l’église Saint-Pierre de 1587 à 1595 et au portail nord dont la première pierre est posée en 1590 par Charles-Henri de Clermont en l’absence de sa grand-tante. La comtesse Louise, décédée en 1596, est remplacée par son petit-neveu qui ne devient comte de Tonnerre qu’en 1603. Resté fidèle au roi et à une succession légitime, comme la ville de Tonnerre, Charles-Henri de Clermont a combattu la Ligue. En 1597, il a épousé Catherine Marie d’Escoubleau de Sourdis[11]. Celle-ci portera douze enfants et mourra en couches à Tonnerre en janvier 1615. C’est une femme pieuse, dévote au sens de ce début de XVIIe siècle, souhaitant restaurer le catholicisme et œuvrer dans le monde par des actions charitables. Embellir des églises ou même fonder des couvents font partie de cette conception du devoir. C’est une tout autre ambiance qui s’installe à Tonnerre, et si Louise de Clermont n’est pas ou fort peu intervenue (à notre connaissance) dans la construction des lieux de culte tonnerrois, Charles-Henri et son épouse vont s’en charger, à commencer par la fondation du couvent des Minimes en 1611. Devenu veuf, Charles-Henri poursuit l’œuvre initiée et encourage de sa présence (et peut-être de ses finances ?) les ouvrages en cours.

Le niveau du clocher de Notre-Dame avec son beffroi de charpente est construit en 1619-1623. Je me fie à Cerveau pour l’affirmer[12]. Cet auteur parle de 30 pieds d’élévation pour ces années-là (il y en avait 32 pieds en 1550). J’ignore la hauteur exacte de cette tour. Ce serait bien de la connaître… J. Fromageot a bien documenté cette fin de construction, hélas en partant de la certitude que toute la tour fut construite à ce moment-là. Or, les gravures de Duviert datant de 1608 et 1609, montrent bien la tour déjà élevée, mais pas totalement, et recouverte d’un toit.

Duviert.NDDuviert 1609

J. Fromageot parle bien de « faire et parachever l’étage qui est déjà commencé », ce qui signifie pour lui enlever les pierres brûlées et reconstruire. Il s’agit plutôt de terminer et parfaire d’abord ce 4e niveau, justement en ajoutant la date de 1620, les quatres écus (le roi, le comte, l’évêque et la ville) et « de faire le cadre commencé de 12 pieds en carré […] avec enfoncement pour loger la montre »[13], qui existe déjà depuis 1579, mais peut-être pas au même emplacement, ou une autre horloge ? Il s’agit enfin, sans doute en 1621-1623 de construire le dernier niveau avec son solide beffroi de charpente pour soutenir quatre cloches « branlant ». Il est possible que Charles-Henri de Clermont soit le commanditaire de la balustrade qui termine la tour ou, du moins de son ornementation avec la date de 1628, avec le « Jesus Maria Ave Gracia » et ses initiales CHC. Il n’en demeure pas moins que l’on ne peut lui attribuer la tour dans son entier. Cette balustrade cache aux regards le toit pyramidal qui couvre la tour. Cette étude reste encore à parfaire. Il y a des imprécisions et sûrement d’autres documents à découvrir. L’histoire ne cesse jamais de s’écrire. Ce texte a voulu rendre à César ce qui lui appartient en l’occurrence la décision, la mise en œuvre et le financement d’une église par ses paroissiens.

 

Pour de très belles photos de Notre-Dame de Tonnerre par Pierre Bastien, voir : http://patrimoine-de-france.com/yonne/tonnerre/eglise-notre-dame-4.php

_________________________________

[1] Pour en savoir plus sur Notre-Dame : Bureau, abbé Arsène, Histoire de l’église et de la paroisse Notre-Dame de Tonnerre,Tonnerre, P. Bailly, 1886 ; Cerveau, François-David, Mémoires sur Tonnerre, 1742, éd. par A. Matton, A l’Image de l’abeille, Dannemoine, 1992, p 163-175…

[2] Fromageot Jean, Tonnerre et son comté, des origines à la Révolution de 1789, SAHT, Tonnerre, 1973, p 423.

[3] La dîme était l’impôt ecclésiastique et les décimateurs, ceux qui le touchaient.

[4] Petitjehan Pierre, Description de l’ancienne, moderne et nouvelle ville de Tonnerre, antiquitez des eglises, hospitaux et abbayes y estanss…, 1592, éd. par A. Matton, A l’Image de l’abeille, Dannemoine, 1988, p 80.

[5] Quantin Maximilien, « Histoire du Tiers Etat à Tonnerre au milieu du XVIe siècle », BSSY, Auxerre, 1886, p 404.

[6] ADY, 3 E 1-111 Petitjehan 1549-1550 : il y a inversion des feuillets : le début du texte se trouve au f° 177 et la suite aux f° 172 v°-173.

[7] Petitjehan Pierre, op. cit., 1592, p 85-86. Ce clocher n’a jamais été reconstruit.

[8] Cerveau, François-David, Mémoires sur Tonnerre, 1742, éd. par A. Matton, A l’Image de l’abeille, Dannemoine, 1992, p 170.

[9] Tonnerre, AM, 4 CC 2 1563-1564 f° 22 v°. Pour en savoir plus sur ces circonstances, voir ici Le Tumulte de la porte Saint-Michel (2).

[10] Tonnerre, AM, 4 CC 2 comptes des octrois 1578-1579, f° 4. Pour en savoir plus sur cette horloge, voir ici Horloges et cloches de ville.

[11] Elle est la fille de François d’Escoubleau et d’Isabelle Babou, soeur de Jean Babou de la Bourdaisière lui-même marié avec Diane de La Mark (dont c’est le 3e mariage), mère de Charles-Henri, qui a dû intervenir dans ce mariage…

[12] Cerveau, François-David, op. cit., p 170.

[13] Fromageot Jean, « Comment l’on construisit la tour de Notre-Dame de 1619 à 1628 », Bull. de la société d’histoire et d’archéologie du Tonnerrois (BSAHT), 1969, n° 22, p 41-46.

_______________________________________

2015 © Tonnerre Histoire. Tous droits réservés pour tous pays.

Une réflexion sur “La tour de Notre-Dame

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s